[Point technique n°12] La gestion de la veille

#1 11 (13 septembre 2013 11:34)

P'tit Max devant finir Crash Bandicoot 3 sur Nintendo DS, il m'a chargé de rédiger le point technique hebdomadaire. Après avoir lu Wikipedia 4 fois de suite, j'ai choisi de vous parler d'un thème qui me tient à contre-coeur : la gestion de la veille.

  • "Philippe, t'étais où hier ?"
  • "Au cochon grillé chez Didier."
  • "Ok, tu seras 14."

Qui n'a jamais entendu ce genre de discours, un dimanche matin, vers 13h. Des yeux vitreux et une haleine LDC. Oui, le football niveau district, c'est le dimanche. Et techniquement, le management de son état sabbatique est définitivement crucial.

Les causes

La cause d'un dimanche difficile se retrouve directement dans le samedi soir. Si vous vous sentez mal à cause d'un jeudi midi, posez-vous les bonnes questions et arrêtez de boire de l'essence (qui reste malgré tout le meilleur ratio litre/prix). Un Scrabble qui dégénère, une vente de calendriers prolifique, un Chris Club avec les gars de Noyen, ou tout simplement rouler une pelle à Pouic : toutes ces raisons justifient un grammage de magnitude 6 sur l'échelle de Borloo. Attention, il n'est pas ici question d'encourager l'alcoolisme, mais bien de mettre le doigt sur l'explication étatique dominical. Consommer Pouic avec modération.

Les symptômes

On repère généralement aisément le mec qui, la veille, a fauté. Il a un quart d'heure de retard. Outre sa démarche Frantzesque, il commet généralement plusieurs erreurs qui le grillent irreversiblement. En voici une liste :

  • Il fait la bise aux joueurs adverses;
  • Il siffle l'hymne italien;
  • Il se gare en marche arrière (si si);
  • Il a les mains pleines de sang;
  • Il arbore fièrement un collier de miettes de pain bagnat;
  • Il a oublié ses protège-tibias;
  • Il dit "salut coach" à Alban.

Cependant, certaines personnes expérimentées dans ce domaine parviennent à déjouer et maquiller ce déficit intellectuel et physique. Il est alors plus difficile de les démasquer dès leur arrivée, mais la suite les trahit à coup sûr. A l'échauffement, notre protagoniste est pris de vertiges, et s'engloutit une bouteille d'eau en quelques secondes. Son premier geste est généralement une grotesque frappe qui, après une centaine de rebonds, atterrit dans la voiture du président.

Les conséquences

Parlons un peu technique. Il est difficile de gérer un joueur dont le cerveau baigne dans son vomis. Il perturbe le vestiaire, et fait rire ses voisins. Parfois sans les mains. C'est alors un véritable casse-tête pour l'entraineur, qui n'en veut pas sur son banc de touche, pour des raisons d'hygiène et d'intégrité physique. Sur une feuille de match à 14 joueurs, on en fait son 25ème homme. Il est parfois tentant de le transformer en arbitre de touche, mais c'est rapidement la désillusion lorsqu'il commence à souffler dans le manche (dont on ne sait pas toujours ce que Richard en fait). Sur le terrain, le joueur est une vraie plaie et un danger en tout genre : tacle qui sent l'ablation du rein, courses Boignesques, passes à la précision balistique américaine... L'unique avantage est qu'il est libre de tout marquage, l'adversaire ayant perdu un dixième dans chaque oeil et l'usage de sa respiration nasale. Enfin, on peut signaler que sur la discipline, il reste menaçant, tentant quelques gestes stupides afin de récolter un "carton de rouge".

Comment résoudre le problème ?

Côté joueur, il faut déjà arrêter de trainer avec Adrix. S'il est impossible d'éliminer totalement les risques de mines du samedi, quelques règles simples peuvent être mises en place. Le fameux "plan Rennais" par exemple, qui consiste à tiser le lundi et à déplacer sa gueule de bois sur le début de la semaine. On peut également citer la "Ledreau'Tech" qui, à l'image de son illustre créateur, invite à renverser son verre plein juste avant de le porter à sa bouche. Effet garanti.

Côté entraineur, la marge de manoeuvre est plus réduite : le mal est fait. Mettre le joueur fautif sur le banc est une bonne idée, mais lequel ? Ils sont 11. On peut redéfinir les postes en fonction du grammage, selon le principe de l'offensoif : plus le taux d'alcool est élevé, plus le joueur joue haut sur le terrain, afin d'éviter toutes erreurs défensives fatales à l'équipe. C'est ainsi que l'on a déjà pu jouer des équipes comme Ballée évoluant avec cinq "numéro 9" et pas de gardien. C'est marrant mais risqué. Et le plus dur est clairement de définir au préalable ce taux dans le sang, la phrase "soufflez dans le ballon" peut vite tourner au 4 vs 4 avec petits buts.

C'était le "point de technique" de cette semaine. Pour ma part, je vais retenir le "plan Rennais" et vous dis à lundi midi, au café de l'Europe.

 

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